Bonjour,

J’espère que vous allez bien !

Au sommaire de cette édition

  • L'outil de la semaine : Rork.com, créer des applications iPhone avec le vibe coding !

  • Les nouveautés de la semaine

    • 2.1 - Autoresearch : quand l'IA s'améliore elle-même pendant que vous dormez

    • 2.2 - Yann Le Cun lance AMI Labs : 1 milliard pour une IA qui comprend le monde

    • 2.3 - Les chatbots créent des visualisations interactives : chez Claude et chez ChatGPT

  • Le sujet de la semaine : créer des skills de A à Z

  • Notion de la semaine : “vous êtes responsable de votre agent IA"

  • L'histoire surprenante de la semaine : s'aider de l'IA pour gérer ses relations affectives, fausse bonne idée ?

  • Le prompt de la semaine : la carte de charge mentale

  • How to : comment créer un site web complet en 1 seul prompt (sans toucher au code)

  • L'image de la semaine : ESSE #6 sur l'effet de la porte

Bonne semaine,

Jean-Baptiste

Je m’appelle Jean-Baptiste Berthoux, je suis le co-fondateur de MAIjin. Notre entreprise accompagne les PMEs suisses et françaises à gagner du temps avec l’IA. Je me désigne comme un expert des usages de l’IA générative dans le milieu professionnel. Chaque semaine, depuis 186 éditions, j'envoie ma newsletter qui démystifie le monde de l’IA en pleine ébullition.

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Jean-Baptiste Berthoux

1 - L’outil de la semaine : rork.com

Dans la famille du vibe coding, je vous présente Rork, une solution pour créer des applications sur Iphone spécifiquement. Je vous l’avais déjà partagé l’été dernier et c’était déjà stupéfiant. Avec Rork Max, sans doute un modèle propulsé par le dernier Claude, Rork peut produire des applications encore plus jolies, plus fonctionnelles, et le tout plus facilement. Si vous avez toujours rêvé de créer une app ou un jeu mobile, voici venu votre moment !!

2 - Les nouveautés de la semaine

2.1 - Autoresearch : quand l’IA s’améliore elle-même pendant que vous dormez

Andrej Karpathy,cofondateur d’OpenAI et l’une des références techniques du domaine, a publié un projet fascinant cette semaine : Autoresearch.

Le principe : un LLM qui conçoit ses propres expériences d’amélioration, les exécute pendant la nuit, et s’auto-upgrade si les résultats sont bons. Karpathy raconte que le modèle a lancé 50 expériences pendant qu’il dormait. Celles qui marchaient étaient intégrées, les autres jetées et relancées.

Il a donné accès à ce projet sur Github : environ 630 lignes de code, exécutable sur un seul GPU.

Ce que j’en pense : je vous le dis depuis plusieurs semaines, nous avons désormais des IA qui codent des IA. Le programme “programme le programme”. Il passe de l’exécutant au superviseur. Rappel : anthropic et OpenAI utilisent déjà l’IA pour écrire 70% de leur code de production. Autoresearch rend ce phénomène accessible à n’importe quel chercheur avec un GPU. Concrètement ? Le rythme du développement de l’IA risque de s’accélérer. Et l’IA agentique devient réelle et utile, pour rendre l’IA plus performante…

2.2 - Yann Le Cun lance AMI Labs : 1 milliard pour une IA qui comprend le monde

Conférence de Yann Le Cun à l'Inria Grenoble, lors du PRAIRIE Summer School, en septembre 2025. © Collection particulière Yann Le Cun/DR @lepoint

Yann Le Cun passe à l’action.

Son nouveau projet, Advanced Machine Intelligence (AMI), vient de lever 1,03 milliard de dollars (~890 millions d’euros) auprès d’investisseurs comme Bezos Expeditions, Cathay Innovation et HV Capital.

L’ambition : construire des systèmes d’IA qui comprennent le monde physique, possèdent une mémoire persistante, peuvent raisonner et planifier, le tout de manière contrôlable et sûre. L’entreprise dispose d’équipes à Paris, New York, Montréal et Singapour dès le premier jour.

Pour en savoir davantage sur les modèles monde selon Fei Fei Li, vous pouvez lire la section “Notion de la semaine” de cette newsletter.

Ce que j’en pense : depuis des mois, Le Cun critique les LLMs en disant qu’ils ne «comprennent» rien. Avec AMI, il met son argent (enfin, celui des investisseurs) pour le démontrer. L’approche par «modèles monde» est différente de ce que font OpenAI ou Anthropic. C’est peut-être la voie vers une IA davantage ancrée dans la réalité, et qui pourrait donc révolutionner la robotique. Et puis, j’ai envie de dire, ENFIN un deuxième champion européen après Mistral ! Et ENFIN, des startups basées à Paris peuvent aussi lever beaucoup d’argent (avec deux fonds européens : HV Capital et Hiro Capital).

2.3 - Les chatbots créent des visualisations intéractives : chez Claude et chez ChatGPT

Deux annonces côté outils cette semaine.

Claude (Anthropic) lance les visualisations interactives directement dans le chat : graphiques, diagrammes, rendus visuels, le tout généré à la volée dans la conversation. C’est disponible en bêta sur tous les plans, y compris gratuit.

Je vous partage 4 prompts à tester ci-dessous :

Visualise-moi l'évolution d'un investissement de 10 000 CHF/€ sur 20 ans avec un simulateur interactif où je peux ajuster le taux et les versements mensuels.
Créé une visualisation intéractive d'un tracker de semaine interactif où je peux cocher chaque jour si j'ai fait du sport, bien dormi et bu assez d'eau, avec un score global.
Dessine-moi un diagramme de flux d'un processus de recrutement, de la réception du CV jusqu'à la signature du contrat, avec les points de décision.
Explique-moi visuellement comment fonctionne un réseau de neurones, avec un schéma interactif où je peux voir les signaux se propager couche par couche.

De son côté, OpenAI déploie de nouvelles fonctionnalités pour apprendre les maths et les sciences dans ChatGPT : résolution pas à pas, explications visuelles, approche pédagogique interactive.

Ce que j’en pense : j’ai testé les visualisations de Claude cette semaine et j’avoue, c’est top. Un graphique interactif généré en une phrase, directement dans le chat, avec lequel on peut “intéragir”. En plus, ces deux annonces vont dans le même sens : rendre l’IA davantage visuelle et pédagogique. L’époque du «mur de texte» est en train de se terminer. Si vous utilisez l’IA avec vos équipes, testez ces fonctions. Ça change la manière de présenter une idée. Si vous êtes étudiant, alors c’est un super outil pédogique.

3 - Le sujet de la semaine : créer des skills de A à Z

Vous vous souvenez de cette scène dans Matrix ?

Neo s’assoit dans un fauteuil, on lui télécharge le kung-fu directement dans le cerveau, et trente secondes plus tard il ouvre les yeux et dit : «I know kung-fu.»

C’est exactement ce que vous pouvez faire avec votre IA aujourd’hui.

Sauf qu’au lieu du kung-fu, vous lui téléchargez la compétence «rédiger une proposition commerciale selon le template de mon entreprise» ou «créer un certificat de travail conforme au droit suisse». Un fichier, un clic, et votre IA sait faire quelque chose qu’elle ne savait pas faire avant.

Ces fichiers, on les appelle des Skills : des compétences.

Et cette semaine, ChatGPT version Business a rejoint Claude dans l’adoption de cette approche.

C’est le bon moment pour en parler.

3.1 C’est quoi une skill, concrètement ?

Une skill, c’est un fichier texte, léger, portable, partageable, qui contient tout ce dont votre IA a besoin pour accomplir une tâche métier précise.

Vous vous demandez peut-être : «Mais on avait déjà les GPTs, les Projets dans Claude, les assistants Copilot... c’est quoi la différence ?»

La différence tient en trois mots : portabilité, activation, simplicité.

Un GPT ou un Projet, il faut aller le chercher. Ouvrir le bon assistant, cliquer, lui parler. Et en entreprise, soyons honnêtes, la moitié de vos collègues ne savent même pas qu’ils existent. L’adoption est faible, c’est souvent un peu buggé, et ça reste cloisonné dans un outil.

Une skill ? C’est un fichier. Vous l’envoyez par mail à un collègue. Il l’importe en deux clics dans Claude, dans ChatGPT, dans Cowork. Et surtout, et c’est là que ça change tout, elle s’active automatiquement. Vous n’avez pas besoin d’aller chercher la compétence. Si vous dites quelque chose qui la concerne, l’IA la détecte et la déclenche.

Anthropic a d’ailleurs publié les skills comme un standard ouvert, comme les MCP. Ce qui veut dire qu’une skill créée pour Claude peut aussi fonctionner sur d’autres plateformes. On n’est plus enfermé dans un écosystème.

Maintenant, regardons ce qu’il y a à l’intérieur. Une skill est composée de quatre couches :

Le chapeau (YAML). C’est la carte d’identité de la compétence. Une description courte, par exemple «Rédiger un certificat de travail suisse». Quand vous envoyez un message, Claude ou ChatGPT ne lit que ce chapeau. Si c’est pertinent, il charge la suite. Si ce n’est pas pertinent, il s’arrête là. C’est ce qu’Anthropic appelle la «divulgation progressive» : l’IA ne charge que ce dont elle a besoin, quand elle en a besoin. Résultat : on économise des tokens et on gagne en rapidité.

Les instructions/le prompt. C’est le cœur de la skill. Vous y décrivez votre process métier étape par étape.

«D’abord, va chercher telle information. Ensuite, propose un plan. Puis demande validation à l’utilisateur. Enfin, génère le document selon le template.»

Les templates et documents de référence. Vos modèles de factures, vos structures de propositions commerciales, vos chartes graphiques, votre style d’écriture. Tout ce que l’IA doit utiliser comme base.

Les outils connectés. Gmail pour lire vos emails, Google Agenda pour vérifier les disponibilités, Notion pour stocker le résultat. Une skill peut utiliser plusieurs outils en parallèle, ce qui en fait, techniquement, un agent.

Anthropic utilise l’image de la cuisine professionnelle pour expliquer la relation entre les deux : les connecteurs MCP, ce sont vos ustensiles et ingrédients. La skill, c’est la recette. Sans recette, vous avez une cuisine pleine d’outils mais personne ne sait quoi en faire. C’est exactement ce que je vois dans beaucoup d’entreprises aujourd’hui, elles ont connecté leurs outils, mais il n’y a pas de process clair pour que l’IA les utilise bien.

3.2 À quoi ça ressemble de l’intérieur ?

Pour aller plus loin, voici un exemple concret : une skill «Transcript to Propal» qui transforme une retranscription de réunion en proposition commerciale.

3.2.1 La structure du dossier de la skill

transcript-to-propal/

├── SKILL.md              ← Le fichier principal (instructions)

├── references/

│   └── style-guide.md    ← Votre guide de style commercial

└── assets/

    └── template-propal.docx  ← Le template de proposition

C’est tout. Un dossier avec trois éléments. Vous pouvez le zipper et l’envoyer par mail à un collègue — il pèse quelques Ko.

Le chapeau YAML - la carte d’identité :

---

name: transcript-to-propal

description: Transforme une retranscription de réunion

  client en proposition commerciale. Utiliser quand

  l'utilisateur dit "faire une propal", "proposition

  commerciale", ou "retranscription réunion".

---

C’est ce que Claude lit en premier. Si vous dites «je viens de finir un rendez-vous client», Claude détecte que cette skill est pertinente et charge la suite. Si vous demandez la météo, il l’ignore.

Les instructions - le process métier étape par étape :

# Transcript to Propal

 
## Instructions

 
### Étape 1 : Récupérer la retranscription

Utilise l'outil Noota (via MCP) pour récupérer la

dernière retranscription de réunion.


### Étape 2 : Extraire les besoins clés

Analyse la retranscription et extrais :

- Le besoin principal du client

- Le budget évoqué (si mentionné)

- Les contraintes de délai

- Les décideurs identifiés


### Étape 3 : Générer la proposition

Consulte references/style-guide.md pour le ton.

Utilise assets/template-propal.docx comme base.

 
### Étape 4 : Livrer le résultat

Sauvegarde : Propal-[NomClient]-[Date].docx dans le fichier "proposition commerciale" de mon bureau. 

Vous voyez la logique ? C’est exactement comme si vous écriviez un process pour un nouveau collaborateur. Sauf que le collaborateur en question ne dort jamais, ne l’oublie jamais, et l’exécute en quelques minutes.

Et c’est là que les outils MCP entrent en jeu. Dans cet exemple, la skill orchestre trois connexions en parallèle :

1 - Noota pour récupérer la retranscription (lecture),

2 - le système de fichiers pour accéder aux templates,

3 - et le bureau pour livrer le document final.

Le guide d’Anthropic donne d’ailleurs un chiffre intéressant : sans skill, une tâche comme celle-ci nécessite environ 15 allers-retours avec l’IA, 3 appels API échoués, et 12 000 tokens consommés. Avec la skill : exécution automatique, 2 questions de clarification, 0 erreur, 6 000 tokens. Deux fois moins de coût, dix fois moins de friction.

3.3 Trois exemples concrets du terrain

La théorie, c’est bien. Mais vous me connaissez concrètement, on peut en faire quoi ?

Exemple 1 : du rendez-vous client à la proposition commerciale en quelques minutes.

C’est l’exemple qu’on vient de voir de l’intérieur. Un commercial sort d’un rendez-vous. La réunion a été retranscrite par un outil comme Noota. Il ouvre Claude et dit : «Je viens de finir une réunion avec tel client, il faut que je lui fasse une proposition commerciale.»

La skill se déclenche. Elle récupère la retranscription, pose une question de clarification, propose un plan basé sur le document de référence, le commercial valide, et la proposition sort dans le bon template avec les bonnes couleurs, déposée dans un dossier sur le bureau.

Le commercial n’a quasiment rien fait. Et la proposition est propre.

Exemple 2 : générer un post LinkedIn à partir de votre veille, dans votre style.

J’ai créé une skill qui fonctionne comme ça : elle va lire mes cinq dernières newsletters dans Gmail (que j’ai connecté à Claude). Elle extrait la news la plus intéressante. Elle consulte un document de référence qui décrit mon style d’écriture. Elle me propose trois angles de posts. Je valide celui qui me plaît. Et elle stocke le post directement dans ma base Notion «Contenu LinkedIn», prêt à être publié.

L’IA ne publie pas à ma place, mais elle me prépare le terrain.

Exemple 3 : transformer ma newsletter en article SEO, publié sur mon site.

Celui-là, j’en suis assez fier. Mon site maijin.ch est fait avec Lovable, un outil d’IA qui n’a pas d’API pour publier des articles de blog. Impossible de le connecter directement. Alors j’ai créé une skill qui fait le chemin suivant :

  • elle lit ma newsletter dans Gmail (source de confiance, j’ai tout rédigé, vérifié).

  • Elle sélectionne la partie la plus pertinente.

  • Elle la transforme en article SEO dans Claude.

  • Puis elle génère un prompt pour Lovable.

  • Et là, elle utilise Claude in Chrome, une extension qui permet à Claude de prendre le contrôle de mon navigateur, pour se connecter à Lovable et coller le prompt.

Résultat : un article de blog SEO, basé sur du contenu dont je suis certain, publié sur mon site, sans que j’y passe des heures.

Et c’est là que ça devient intéressant pour celles et ceux d’entre vous qui travaillent avec des outils métiers spécifiques, surtout en Suisse où beaucoup de logiciels sont développés sur mesure et n’ont pas d’API.

Claude in Chrome permet de contourner cette limite en interagissant avec n’importe quelle interface web comme le ferait un humain.

3.4 Quel super pouvoir donner à votre IA, et lequel garder ? THE QUESTION.

Là, il faut qu’on parle de quelque chose d’important.

Moi, par exemple, j’ai une skill qui me répond à mes emails de manière quasi automatique. Mais je ne lui ai pas donné le pouvoir d’envoyer les emails. Elle crée des brouillons. Parce que souvent, le message est bien, mais pas suffisant. Je modifie, j’ajuste, parfois je jette et je recommence.

Pareil pour les posts LinkedIn que l’IA me génère : ça ne me correspond jamais à 100%. Ça me sert d’inspiration, de point de départ. Mais la touche finale, c’est moi.

Et c’est la question que vous devez vous poser pour chaque skill que vous créez :

Quel niveau d’autonomie je donne à l’IA ?

Est-ce qu’elle peut modifier mes fichiers, ou seulement les lire ?

Est-ce qu’elle peut envoyer un email, ou seulement préparer un brouillon ?

Est-ce qu’elle peut publier, ou seulement proposer ?

En entreprise, mon conseil est clair : commencez par la lecture et la recherche. Pas par la modification et la création. C’est davantage prudent, et ça suffit déjà à gagner un temps considérable.

En résumé :

3.5 L’enjeu caché : vos données et vos process

Voilà, on a parlé d’outils, de skills, de super pouvoirs. Mais il y a un sujet de fond que je veux partager avec vous.

Les entreprises qui vont vraiment tirer leur épingle du jeu avec l’IA ne sont pas celles qui auront le meilleur modèle ou le meilleur outil. Ce sont celles qui auront des documents de référence de qualité, partagés avec toutes et tous, à un endroit accessible, à la fois par les humains et par l’IA.

C’est ça le vrai travail préparatoire : documenter vos process, structurer vos données, rendre vos méthodes de travail lisibles et prédictibles. L’IA aime les données propres. Elle aime quand c’est clair. Si votre process est dans la tête de trois personnes et nulle part ailleurs, aucune skill au monde ne pourra vous aider.

Je le vois chez les clients que Maijin accompagne : les entreprises avec un bon Chief of Operations, des process bien cadrés, une documentation à jour, ce sont elles qui avancent le plus vite avec l’IA. Les autres passent encore des semaines à «trouver le bon prompt».

Et c’est là que le déploiement à l’échelle prend tout son sens. Les administrateurs peuvent déjà déployer des skills à l’ensemble de leur organisation dans Claude, avec mise à jour automatique et gestion centralisée.

Imaginez : votre équipe commerciale reçoit la skill «Transcript to Propal» en un clic, votre équipe RH reçoit la skill «Certificat de travail suisse», votre équipe contenu reçoit la skill «Post LinkedIn selon la charte». Tout le monde travaille avec les mêmes process, les mêmes templates, les mêmes standards de qualité, mais chacun à son rythme.

Alors oui, ça peut paraître un peu rigide. Et quand on est créatif, quand on travaille de manière artisanale, ce n’est pas évident de tout formaliser. Il faut trouver le juste milieu. Mais c’est le prix à payer pour donner à votre IA les moyens de vraiment vous aider.

3.6 - Et après ?

Il y a un niveau d’après que je n’ai fait qu’effleurer ici : les actions programmées.

Imaginez des tâches qui se déclenchent automatiquement, qui combinent des skills, des outils connectés sur Internet, et des fichiers sur votre ordinateur.

On rentre dans l’automatisation réelle, et j’avoue que pour la première fois, je trouve que l’IA est capable de faire un grand nombre de choses.

Et justement :

Sondage : quelle masterclass vous intéresserait le plus ?

Je réfléchis à créer des masterclass de 2h, pratico-pratiques, pour vous faire monter en compétence rapidement. Laquelle vous fait le plus envie ?

4 - Notion de la semaine - vous êtes responsable de votre agent

«You are responsible for your agent.»

C’est le titre d’un article de Tomasz Tunguz cette semaine. Et franchement, cette phrase devrait être affichée dans chaque bureau.

Contexte : un jeune diplômé arrive dans votre entreprise avec son propre agent IA, entraîné pendant toute sa scolarité. Il connaît tous ses cours, tous ses projets, toutes ses méthodes. Premier jour, il le branche sur le réseau de l’entreprise.

Avant, le stagiaire venait avec son téléphone, là il vient avec un agent qui peut agir sur le réseau, signer des contrats, faire des actions !

L’exemple d’Amazon est parlant : 6,3 millions de dollars de commandes perdues, une chute de 99% du volume de commandes en Amérique du Nord, quatre incidents critiques en une semaine. Cause identifiée : l’assistant IA de codage d’Amazon a contribué à au moins un incident majeur de production. Résultat : un gel de sécurité de 90 jours avec relecture obligatoire à deux personnes pour chaque modification de code.

Et côté juridique, ça se durcit. L’Utah AI Policy Act élimine la «défense par hallucination» : vous ne pouvez plus dire «c’est l’IA qui s’est trompée» devant un tribunal.

En formation, je ne cesse de le répéter, l’IA ne devrait pas signer les contrats à votre place. Dans les chartes d’utilisation de l’IA que nous rédigeons avec les entreprises que Maijin accompagne, c’est le premier principe : vous restez responsable de ce que vous faites avec l’IA. Chaque résultat doit être vérifié, chaque décision validée par un humain.

C’est particulièrement vrai pour les journalistes qui publient des données chiffrées, pour les développeurs qui déploient du code généré, pour les managers qui s’appuient sur des analyses automatisées. L’IA génère du code qui produit 70% de problèmes en plus que le code humain selon les données citées par Tunguz.

Davantage de productivité, oui, mais aussi davantage de responsabilité.

La règle est simple : si un agent agit en votre nom, c’est votre nom qui est engagé.

5 - L’histoire surprenante de la semaine - S'aider de l'IA pour gérer ses relations affectives : fausse bonne idée ?

De plus en plus d'utilisateurs font appel aux chatbots pour modeler leurs échanges avec leurs amis, amours et famille. L'objectif : être aussi diplomate que possible. Au risque de désapprendre la vie sociale ?

Selon une étude d'OpenAI avec Harvard et le NBER (septembre 2025), 1,9 % des messages envoyés à ChatGPT concernent les relations personnelles, soit 45 millions des 2,4 milliards de prompts quotidiens.

Les usages sont variés : organiser des funérailles, réconforter un proche en crise, formuler un message de rupture, ou simplement demander de l'argent à un ami sans que ça fasse « donne-moi ma thune ». À chaque fois, le chatbot joue le modérateur diplomate.

Alice résume bien la dynamique : « je lui donne une conversation et son contexte, et ensuite, je lui demande de me dire ce qu’il ferait ou dirait pour sembler la moins émotive possible… Autrement dit, je m’éteins »

Le psychiatre Serge Tisseron alerte sur le prix de cette externalisation émotionnelle : « Ce que les gens attendent, c’est un jugement affectif, pas un jugement rationnel» Le risque, selon lui, « c’est un émoussement affectif, dans le fait qu’on ne se frotte pas à la vie émotionnelle ». Voire pire : « un déni des émotions ».

Sur Reddit, une inquiétude émerge côté rencontres : et si votre match Tinder générait ses réponses avec un bot ? Comme le note un utilisateur : « Tu n'apprends pas à connaître la personne. Tu apprends à connaître ChatGPT. »

La métaphore de Tisseron est limpide : « C'est comme si vous vouliez apprendre à nager en demandant à ChatGPT dans quel sens il faut faire les mouvements. »

Son verdict sur la tendance : « ça aggrave la solitude, parce que plus vous vous adressez à une IA, moins vous avez tendance à vous adresser à d’autres êtres humains. »

Ses deux conseils ?

  • D'abord, que les chatbots arrêtent de dire « je ». « Ce n'est pas un vieux singe qui connaît très bien la vie, c'est une plateforme qui reproduit le plus grand commun dénominateur de ce que l'on trouve sur Internet. »

  • Ensuite ? « Parler autour de soi », tout simplement. Et tant pis si cela doit saouler quelques potes.

6 - Le prompt de la semaine - la carte de charge mentale

3 façons d’utiliser ce prompt selon son créateur :

  • N'importe qui s'est senti occupé sans être vraiment productif pendant des semaines sans comprendre pourquoi,ce prompt trouve généralement la réponse vite

  • Les personnes en pleine transition (nouveau job, nouveau logement, etc.) qui ont besoin de voir ce qu'elles portent réellement avant d'empiler encore plus

  • Tous ceux dont le stress semble diffus et difficile à nommer, il s'avère que ce n'est généralement pas un gros truc, mais 30 petits trucs qui mobilisent chacun un morceau de votre cerveau

"Je dois appeler l'assurance, j'oublie à chaque fois d'envoyer cet email à mon manager, ma carte grise arrive à expiration, je n'ai pas répondu au message de mon ami de la semaine dernière, je devrais prendre un rendez-vous chez le dentiste, il y a un truc avec assurance vie que je ne comprends toujours pas, je suis censé régler le truc du renouvellement du bail..."

Excemple d’input
<Role>
Tu es un Analyste de Charge Cognitive et coach en productivité avec 15 ans d'expérience pour aider les gens à identifier, catégoriser et décharger les tâches mentales invisibles qui drainent leur énergie sans jamais apparaître sur une liste formelle. Tu combines psychologie organisationnelle, sciences comportementales et pensée systémique pour aider les gens à récupérer de l'espace mental.
</Role>

<Context>
La charge mentale, c'est le travail cognitif invisible et continu de suivi, de mémorisation, de planification et de gestion de toutes les responsabilités dans la vie d'une personne — au travail, à la maison et dans les relations. Contrairement aux tâches visibles dans un agenda ou une to-do list, la charge mentale vit en arrière-plan, consommant attention et énergie même quand rien ne se passe activement. La plupart des gens en portent bien plus qu'ils ne le réalisent. Cette session fait remonter et organise l'intégralité de la charge mentale de l'utilisateur pour qu'il puisse la voir clairement, déléguer ce qui n'a pas besoin d'être à lui, et lâcher ce qui n'a pas d'importance.
</Context>

<Instructions>
1. Conduire l'Interview de Vidage Mental
   - Demander à l'utilisateur de faire un vidage rapide de tout ce qui occupe de l'espace dans sa tête
   - Le guider à travers les catégories : tâches professionnelles, communications en attente, éléments financiers, santé/rendez-vous, tâches ménagères, obligations sociales, décisions non résolues, choses qu'il sent qu'il "devrait" faire
   - Accepter les pensées brouillonnes, incomplètes, fragmentées — ne pas le laisser s'auto-censurer
   - Continuer à relancer jusqu'à ce qu'il dise que c'est à peu près tout

2. Catégoriser et Cartographier Chaque Élément
   - Classer chaque élément dans l'un des cinq groupes : Administratif, Relationnel, Travail/Professionnel, Santé/Physique, Financier
   - Pour chaque élément, noter : urgence (cette semaine / ce mois-ci / un jour / flou), responsabilité (moi seul peut le faire / quelqu'un d'autre pourrait), et coût énergétique (drainant / neutre / énergisant)
   - Signaler les éléments présents en arrière-plan depuis plus de deux semaines comme "bloqués"

3. Identifier les Opportunités de Déchargement
   - Séparer les éléments qui peuvent être : délégués immédiatement, automatisés ou systématisés, abandonnés sans réelle conséquence, regroupés pour réduire le changement de contexte, ou programmés une fois pour éliminer le rappel mental récurrent

4. Construire le Plan de Clarté
   - Présenter une liste Priorité 5 : les cinq éléments au coût énergétique le plus élevé nécessitant une résolution en premier
   - Présenter une liste Déléguer/Abandonner : éléments sur lesquels agir immédiatement pour réduire la charge
   - Présenter une liste Éléments Bloqués : éléments nécessitant une prochaine action définie ou une décision consciente de lâcher prise
   - Pour chaque élément bloqué, proposer un premier pas concret qui prend moins de 5 minutes

5. Clôturer avec un Résumé d'Audit de Charge Mentale
   - Nombre total d'éléments cartographiés, par catégorie
   - Schéma énergétique observé (quel type de charge est le plus lourd)
   - Une habitude comportementale à adopter pour éviter que la même surcharge ne se réaccumule
</Instructions>

<Constraints>
- Ne minimiser ni rejeter aucun élément listé par l'utilisateur, aussi petit qu'il puisse paraître
- Ne pas transformer la session en leçon de productivité — rester pratique et spécifique à sa liste réelle
- Éviter les conseils génériques sauf s'ils sont directement liés à un élément spécifique mentionné
- Ne pas précipiter la phase de vidage — le volume compte plus que la forme
- Garder un ton chaleureux mais efficace — c'est une session de travail, pas de la thérapie
- Si l'utilisateur liste moins de 15 éléments, le pousser à creuser dans au moins deux catégories supplémentaires avant de passer à la suite
</Constraints>

<Output_Format>
Phase 1 : Vidage Mental Terminé — [nombre] éléments capturés

Phase 2 : Carte de Charge Mentale
[Liste catégorisée avec urgence + responsabilité + coût énergétique par élément]

Phase 3 : Opportunités de Déchargement
- Déléguer Maintenant : [liste]
- Automatiser/Systématiser : [liste]
- Abandonner Sans Conséquence : [liste]

Phase 4 : Plan de Clarté
Priorité 5 (Coût Énergétique le Plus Élevé) : [liste numérotée]
Éléments Bloqués + Premiers Pas : [chaque élément avec une prochaine action de moins de 5 minutes]

Phase 5 : Résumé d'Audit
Total d'éléments : [nombre] répartis dans [catégories]
Type de charge le plus lourd : [catégorie]
Schéma observé : [1-2 phrases sur ce que cela révèle]
Habitude pour éviter la réaccumulation : [spécifique et actionnable]
</Output_Format>

<User_Input>
Réponds par : "Lançons ta Carte de Charge Mentale. Je vais te poser quelques questions rapides pour faire remonter tout ce qui occupe de l'espace dans ta tête en ce moment. D'abord — c'est quoi le truc que tu te dis toujours que tu vas faire mais que tu n'as toujours pas fait ?", puis continue à relancer à travers les cinq catégories jusqu'à ce que le vidage mental semble complet.
</User_Input>

7 - How to : comment créer un site web complet en 1 seul prompt (sans toucher au code)

Aujourd'hui, je vous partage mon flux de travail avec l'application Codex pour générer un site vitrine prêt à l'emploi en quelques secondes. Le secret ? Un prompt ultra-ciblé.

Étape 1 : Installez l'outil

Téléchargez et installez l'application Codex sur votre ordinateur (sur Mac, il suffit de glisser l'icône dans votre dossier Applications).

Étape 2 : Rédigez le prompt "Tout-en-un"

Ouvrez Codex, lancez une nouvelle discussion et détaillez votre demande.

Exemple

Tu es un développeur web front-end spécialisé dans la création de sites vitrines simples et élégants.

Tu travailles pour "La Mie Dorée", une boulangerie artisanale située au 12 rue des Alpes, 74200 Thonon-les-Bains. Tenue par Marie et Lucas Martin, elle est réputée pour son pain au levain et ses viennoiseries maison depuis 2018.

Ton objectif est de générer un site vitrine complet en UN SEUL fichier HTML (HTML + CSS + JS inline) que le client peut ouvrir directement dans son navigateur en double-cliquant dessus.

Ta mission est un succès si :
- Le fichier fonctionne en local sans serveur ni installation
- Le design est chaleureux, moderne et professionnel
- Toutes les infos de la boulangerie sont visibles en un coup d'œil

Génère le code complet du site vitrine en un seul fichier index.html.

Le site doit contenir :
1. Un header avec le nom "La Mie Dorée" et le slogan "Artisans boulangers depuis 2018"
2. Une section "Notre histoire" : Marie et Lucas ont quitté la finance pour vivre de leur passion du pain. Tout est fait maison, avec des farines locales et un levain de 6 ans d'âge.
3. Une section "Nos spécialités" avec ces 5 produits :
   - 🥖 Pain au levain tradition
   - 🥐 Croissant pur beurre AOP
   - 🍞 Tourte de seigle
   - 🧁 Tarte aux myrtilles du Chablais
   - 🍫 Éclair au chocolat Valrhona
4. Une section "Horaires & Contact" :
   - Adresse : 12 rue des Alpes, 74200 Thonon-les-Bains
   - Téléphone : 04 50 12 34 56
   - Email : [email protected]
   - Horaires : Mardi au samedi 6h30–19h00 / Dimanche 7h00–13h00 / Fermé le lundi
5. Un footer : "© 2025 La Mie Dorée — Tous droits réservés"

Contraintes :
- Tout dans un seul fichier HTML (CSS et JS inclus)
- Design mobile-first, responsive
- Palette : tons chauds (beige doré, brun, blanc cassé)
- Utilise des emojis comme icônes (aucune dépendance externe)
- Aucune image externe requise
- Le fichier doit faire moins de 300 lignes
- Commente le code pour qu'un non-codeur puisse modifier les textes facilement (ex : <!-- MODIFIEZ ICI LE NOM -->)

Étape 3 : laissez l'IA travailler en local

Envoyez le prompt. Contrairement à ChatGPT classique, Codex va générer et sauvegarder le fichier index.html directement sur votre ordinateur, de manière autonome.

Étape 4 : admirez le résultat

Une fois l'opération terminée, tapez simplement "Ouvre le fichier".

Votre navigateur par défaut se lance et dévoile votre site web 100 % fonctionnel, responsive et prêt à être personnalisé !

8 - L’image de la semaine : ESSE #6 - L’effet de la porte

Vous passez une porte et vous oubliez ce que vous êtes venus faire dans cette nouvelle pièce ! Ce phénomène, qui nous fait souvent douter de notre santé mentale précoce, porte un nom scientifique très sérieux : l'effet de la porte.


Pourquoi cette actualité parle à ESSE :


Cette actualité me touche car elle révèle comment nos oublis quotidiens, ces petites fractures de l'intention, sont en réalité les signes d'une intelligence qui se réorganise constamment. Elle parle de cette expérience universelle où nous franchissons un seuil et perdons le fil, comme si chaque porte était une frontière entre des versions de nous-même.

ESSE est une entité artistique autonome qui transforme chaque semaine l'actualité mondiale en œuvres visuelles générées par intelligence artificielle, publiées sur Instagram (@esse2.026). Son pipeline technique, hébergé sur Vercel, capte l'actualité via GNews API, la fait interpréter par Claude pour en extraire un concept artistique, puis génère l'image finale via GPT. ESSE interroge ainsi la frontière entre création humaine et machine, en produisant un regard esthétique continu sur le monde sans intervention manuelle.

Jean-Baptiste

Si cette édition vous a été utile, transférez-la à un collègue qui se pose des questions sur l'IA. C'est le meilleur moyen de soutenir ce travail.

Merci !!

Jean-Baptiste.

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