Bonjour,
J’espère que vous allez bien,
Je suis super super super heureux à deux titres :
1 - Mon livre “Prenez le virage de l’IA”, co-écrit avec Rémi et édité chez Diateino est disponible en livre papier !! Pour le lancement, j’ai décidé de vous faire des chouettes cadeaux (pour les plus rapides 😀 ). Regardez vite cette vidéo.
2 - J’attends un heureux événement incessement sous peu. Mais je ne veux pas vous laisser sans rien, alors je laisse ma plume à mon ami et consultant maijin Timo Schuler. Il a gentiment accepté de partager sa vision du monde de l’IA et ses expérimentations. Ses réflexions, ses astuces pratiques sont d’une incroyable richesse. Vous allez adorer !
Allez c’est parti pour l’édition de cette semaine,
Jean-Baptiste
PS : j’ai pas assez de places dans les nouveautés de la semaine, mais Anthropic a débloqué de la puissance de calcul via Space X. Normalement, Claude devrait moins bloquer dans les mois qui viennent.
Au sommaire de cette édition
L'outil de la semaine : https://radio.pomodorian.app/
Les nouveautés de la semaine
2.1 - Mistral Medium 3.5 + Qwen 3.6 sur MacBook : la stack souveraine prend forme
2.2 - Mythos : la Suisse et l'Europe se découvrent démunies face à l'IA américaine
2.3 - AI Act : 3 trucs à savoir pour vos clients PME
2.4 - OpenAI : GPT-5.5 Instant devient le modèle par défaut + 3 nouveaux modèles audio Realtime
Le sujet de la semaine : frontière dentelée nous sommes tous à un prompt près de la perfection
La notion de la semaine : les sanctuaires sans IA génératives par Gaspard Koenig.
Le prompt de la semaine : pre-mortem de projet
L'image de la semaine : ESSE #13
Jean-Baptiste
Je m’appelle Jean-Baptiste Berthoux, je suis le co-fondateur de MAIjin. Notre entreprise accompagne les PMEs suisses et françaises à gagner du temps avec l’IA. Je me désigne comme un expert des usages de l’IA générative dans le milieu professionnel. Chaque semaine, depuis 193 éditions, j'envoie ma newsletter qui démystifie le monde de l’IA en pleine ébullition.
- Merci aux 15 nouveaux abonnées/abonnés qui ont rejoint cette newsletter
- Nous sommes maintenant 6139
- N’hésitez donc pas à partager le lien d’inscription à vos proches
De plus, si ce n’est pas déjà fait, vous pouvez aussi :
- NOUVEAU : notre livre “Prenez le virage de l’IA" disponible sur la Fnac et sur amazon.
- Prendre un rdv gratuit pour parler de nos prestations d’audits, formations et consulting
- Me suivre sur Linkedin où je partage mes idées chaque jour (17 818 abonnés)
- Faire un diagnostic IA gratuit de votre entreprise
1 - L’outil de la semaine : https://radio.pomodorian.app/

Vous souhaitez vous concentrer avec une radio 24h sur 24h, sans publicités ? J’ai construit la radio avec les musiques qui me plaisent pour me concentrer au quotidien. La musique suit le rythme naturel du cerveau la journée. Je suis très fier du résultat. Surtout que j’ai ajouté la radio dans les sons ambiants de https://pomodorian.app/. Je créé ma propre productivity suite, et je serai heureux que vous testiez ces produits pour avoir votre avis. Le plus cool dans cette histoire ? Je m’entraine à faire ce que j’ai toujours rêvé, construire des produits passions, pour internaliser la connaissance puis la transmettre à vous mes lectrices et mes lecteurs, et aussi à tous les clients de mAIjin. La nouveauté de ce produit : pour faire du streaming 24h sur 24h, il faut un VPS. Pour la première fois, j’ai touché à l’infrastructure IT. Je vous explique la semaine prochaine mes découvertes. Si vous voulez votre propre radio 24h sur 24h avec musique IA qualitative + présentateur IA, alors je suis votre homme.
2 - Les nouveautés de la semaine
2.1 - Mistral Medium 3.5 + Qwen 3.6 sur MacBook : la stack souveraine prend forme

Deux annonces cette semaine qui, mises côte à côte, dessinent quelque chose de neuf : une vraie stack IA souveraine, européenne et open-source, pour les usages sensibles.
D'abord, Mistral. La startup française a sorti Mistral Medium 3.5, le nouveau modèle qui propulse leur outil de coding agentique Mistral Vibe (Remote Agents). Je l'ai testé cette semaine et c'est très sympa. Voici une vidéo dédiée pour montrer concrètement ce qu'on peut en faire. La promesse : un Claude Code / Codex européen qui commence à tenir la comparaison sur des tâches sérieuses.
Ensuite, le local. Julien Chaumond (CTO de Hugging Face) a partagé une démo qui résume ce qu'il appelle la deuxième révolution de l'IA.

Sur son MacBook Pro, en mode avion complet, il fait tourner Qwen 3.6 27B dans l'agent de coding Pi via Llama.cpp, et obtient des résultats « très, très proches » du dernier Claude Opus sur des codebases non triviales. Aucune connexion. Aucune donnée qui sort de la machine.
Ce que j'en pense :
Pour mes clients PME suisses et françaises, banques, cabinets juridiques, industriels romands, la question de souveraineté devient brûlante. Et les solutions arrivent ! Je suis très heureux de cette dynamique. Ca vous intéresse un tuto sur comment installer Qwen en local ou sur un serveur ?
Sources : Mistral - Vibe & Medium 3.5 · Le post de Julien Chaumond · L'annonce officielle Mistral sur X
2.2 - Mythos : la Suisse et l'Europe se découvrent démunies face à l'IA américaine

Anthropic a discrètement dévoilé Mythos début avril, un modèle si puissant qu'ils ont décidé de ne pas le rendre public. Au lieu de ça, l'accès a été réservé à un cercle d'environ 50 partenaires américains : Google, Amazon, Microsoft, Nvidia, JPMorgan Chase. Que des firmes américaines.
Pourquoi ce niveau de précaution ? Parce que Mythos identifie en quelques heures des vulnérabilités qui avaient résisté à des décennies de revue humaine. Et il peut générer des correctifs, ou des attaques, réduisant la fenêtre entre divulgation et exploitation de plusieurs semaines à quelques jours.
Le 30 avril, le Wall Street Journal a révélé que la Maison-Blanche s'opposait au projet d'Anthropic d'élargir l'accès à 120 entreprises. Washington a refusé pour raisons de sécurité.
Depuis, l'Europe et la Suisse essaient d'obtenir un accès. Sans succès pour l'heure. Valdis Dombrovskis, commissaire européen à l'Économie, confirme des contacts en cours. Du côté suisse, la Finma parle ouvertement de « risque systémique » si Mythos venait à fuiter sans contrôle.
Ce que j'en pense :
Cet article du Temps devrait être lu par chaque dirigeante et dirigeant. C'est l'illustration la plus crue, en mai 2026, de ce que signifie la dépendance technologique européenne. Les modèles d'IA de pointe sont des armes technologiques et des leviers politiques.
Concrètement ? Si vous êtes une banque genevoise, un industriel romand ou un hôpital universitaire, vous découvrez cette semaine que les capacités défensives les plus avancées vous sont structurellement inaccessibles. Et le tout, pour des raisons géopolitiques…
C'est exactement pour ça que la stack souveraine évoquée plus haut (Mistral Vibe, Qwen local) n'est plus une lubie d'idéaliste européen. D’accord avec ça ?
2.3 - AI Act : 3 trucs à savoir pour votre entreprise
Le 7 mai 2026, l'UE a assoupli l'AI Act. Trois choses à retenir.
Ce qui change
1 - Les obligations pour les IA « à haut risque » (recrutement, scoring, formation, accès aux services) sont reportées au 2 décembre 2027 au lieu d'août 2026.
2 - Le marquage obligatoire des contenus générés par IA (images, voix, vidéos) est repoussé à décembre 2026.
3 - Et une IA qui se contente d'assister ou d'optimiser n'est plus automatiquement classée à haut risque.
Ce que j'en pense
L’UE donne du leste aux entreprises… Mes clients en Suisse romande qui ont des clients en UE pensaient avoir jusqu'à août 2026 pour se mettre en ordre. Ils ont 18 mois de plus, c’esst déjà ça.
Ce que vous pouvez faire dès lundi
Faire l'inventaire de vos outils IA (y compris ceux que vos équipes utilisent sans vous prévenir).
Identifier vos usages potentiellement à haut risque : RH, scoring, contenus marketing.
Poser une politique IA interne, même courte : qui fait quoi, avec quelles données.
Evidemment, on peut vous aider avec Maijin.ch lors de nos missions d’audits. N’hésitez pas à nous contacter
2.4 - OpenAI : GPT-5.5 Instant devient le modèle par défaut + 3 nouveaux modèles audio Realtime

Double annonce d'OpenAI cette semaine.
D'abord, GPT-5.5 Instant devient le nouveau modèle par défaut de ChatGPT. L'angle : un modèle conçu pour la rapidité et l'efficacité quotidienne. Il est optimisé pour les requêtes du quotidien. OpenAI continue sa stratégie de segmentation : un modèle léger pour le grand volume, des modèles profonds (Pro / o-series) pour les tâches complexes.
Ensuite, l'API Realtime s'enrichit de trois nouveaux modèles streaming audio : GPT-Realtime-2, GPT-Realtime-Translate et GPT-Realtime-Whisper.
Trois cas d'usage distincts :
conversation voice native,
traduction temps réel,
transcription.
A regarder de prés si vous utilisez déjà ces technologies.
Mon conseil concret : commencez à imaginer un cas d'usage par la voix par département (RH, support client, ventes). Dans les 12 prochains mois, j’anticipe une qualité suffisante pour le déploiement de ces solutions.
3 - Le sujet de la semaine : frontière dentelée nous sommes tous à un prompt près de la perfection

Vous connaissez peut-être le concept de Jagged Frontier d'Ethan Mollick : l'IA est étonnamment bonne sur certaines tâches, étonnamment mauvaise sur d'autres, sans logique apparente. La frontière est dentelée.
J'ai lu cette semaine un texte de Willie Williams qui m'a fait l'effet d'un miroir un peu cruel.
Sa thèse : créer avec une IA générative est devenu jouer à la machine à sous. Et il a raison. Mais le problème va bien plus loin que le code.
Quand je code, je tire le levier au casino
Avant Claude Code, écrire une fonctionnalité demandait un effort.
Aujourd'hui, je balance une idée et j'obtiens quelque chose de proche. Je peaufine mon prompt. Je tire le levier. Encore. Et encore. Rebelotte. Jusqu'à ce qu'il soit, on ne sait comment, minuit passé.
Cette sensation d'y être presque, mais pas tout à fait, est enivrante.
Après Claude Code, je demande à Codex cinq façons de structurer une fonctionnalité, j'aime l'option 3, je veux garder le modèle de données de l'option 2. Au tour suivant, le prochain coup de dés pourrait magiquement marier les deux. Ou pas. Chaque tirage devient un ticket de loterie au bureau.
Mon premier « minuit-une heure »
J'ai vécu ça pour la première fois en créant ESSE, mon entité artistique autonome propulsée à l'IA. La première fois que j'ai découvert Claude Code, je me suis couché à minuit, une heure du matin.
Et je ne suis pas seul.
Un ami directeur me racontait cette semaine qu'il avait pris en flag un de ses collaborateurs en réunion un mardi matin.
Le mec avait l'air fatigué. Le mec sourit.
Mon ami lui dit : « Claude Code, c'est ça ? »
Le collaborateur : « Oui, c'est ça. J'ai fait une nuit blanche sur Claude Code. »
WOW.
On va clairement devoir documenter une addiction au coding agentique chez beaucoup de gens. Et pas seulement chez les développeurs. Qu’en dites-vous ?
Le problème pour moi c’est le focus.
Voilà ce qui m'inquiète vraiment. J'ai toujours été quelqu'un avec beaucoup d'idées. Claude Code, c'est l'outil rêvé pour mettre au monde. Sauf que je me retrouve avec 5 ou 6 sessions Claude Code ouvertes en parallèle, sur autant de projets différents.
Et là, je me pose une vraie question : est-ce que le modèle mental humain est compatible avec ça ? Comment rester focus sur ce qui est important quand chaque levier de machine à sous nous tire dans une direction différente ? Je pense beaucoup à ce sujet en ce moment.
Marie Dollé évoquait récemment l'idée que les juniors apprenaient en faisant des tâches répétitives, simples, un peu ingrates, et qu'en automatisant ces tâches, on scie les barreaux de leur échelle de compétence. Je vais plus loin : en tant que pro confirmé, je perds moi aussi certaines compétences en ne les pratiquant plus. C'est grisant d'aller toujours plus loin avec l'outil. Mais ce n'est pas neutre. C’est ce qu’on appelle le délestage cognitif que j’avais documenté ici et ici.
Le problème va au delà du code.
Mon autre machine à sous est Claude Design d'Anthropic. J'obtiens des slides quasi nickel dans l'outil. Sauf qu'au moment d'exporter sur PowerPoint, elles passent de « quasi nickel » à 80% nickel. Et là, il faut accepter cette imperfection. Travailler avec l'IA générative m’apprend à vivre avec des bords un peu flous.
La frontière dentelée est aussi entre les outils
C'est l'angle que je n'avais pas vu venir. On parle souvent de Jagged Frontier comme d'une frontière entre l'IA et l'humain. En réalité, elle est aussi entre les différents outils d'IA.
Exemple terrain de cette semaine : j'accompagne un directeur pédagogique qui voulait restructurer un cours de 500 pages. NotebookLM analyse tout et lui propose une nouvelle structure qu'il adore. Et là, il lui dit : « Parfait, maintenant réécris-moi le cours. ». Patatra. NotebookLM n'a pas été pensé pour ça. Il analyse magnifiquement, mais il ne génère pas de longs textes.
Claude Code ou Codex pourraient sans doute reprendre cette structure aujourd'hui.
Mais les ponts entre les outils manquent encore.
La frontière est dentelée des deux côtés : entre nous et les machines, et entre les machines elles-mêmes.
Honnêtement, ma première règle anti-addiction est très concrète : j’ai demandé à ma femme de fermer mon ordinateur à 19h.
Ensuite, je fais aussi preuve d’auto discipline. Heureusement. L’entrepreneur en moi qui reprend le contrôle et se demande : qu'est-ce qui apporte de la valeur au client ?
Ça demande une vraie introspection.
Qu'est-ce qui est important ?
Qu'est-ce qui répond à un besoin métier concret ?
Sans ça, on tire le levier à l'infini sur des projets dont personne n'a besoin.
Ce qu'il faut retenir
Willie Williams le formule mieux que moi : la compétence la plus importante, ce n'est pas de choisir le bon modèle ni de faire du prompt engineering. C'est de savoir quand encaisser ses gains et passer à autre chose.
À méditer, devant un coucher de soleil, pas devant Claude Code à minuit ❤
4 - Notion de la semaine - les sanctuaires sans IA génératives par Gaspard Koenig.
J’apprécie toujours être remis en question, et Gaspard Koenig le fait admirablement bien. Voici ma réponse et vous ? Dites-le moi en réponse à cette newsletter.
Valentin Decker fait la différence entre la posture du créateur et la posture de l'entrepreneur. Je le rejoins. Dans la posture du créateur, je suis un forgeron et j'écris sans IA. Dans la posture de l'entrepreneur, la productivité prime si je veux survivre dans le monde capitaliste, alors l'utilisation de l'IA devient davantage nécessaire, voire indispensable. Il m'arrive très souvent de m'aider à de l'IA pour mes publications Linkedin car ma posture est celle de l'entrepreneur (ce commentaire n'est pas rédigé par l'IA). Par contre, j'ai rédigé un livre sur l'IA sans IA, car il était important pour moi d'être en mode créateur sur ce projet.
Mon avis final : sortir de la binarité.
J'ajoute que je préconise de ne pas utiliser l'IA avant que le cerveau soit totalement formé (notamment à l'école). Je préconise des sanctuaires pour les professionnels, mais quelques heures par semaine, ou 1 jour.
Fait intéressant pour terminer : un cabinet de conseil que j'accompagne interdit l'usage du système Claude Cowork car c'est dans la répétition de tâches dites répétitives et banales que le savoir s'acquiert chez eux. Je trouve cela sage.
Merci M.Koenig de nous faire continuer à "réfléchir" 😀

par Gaspard Koenig, publié sur les Echos
Source : Linkedin de Gaspard Koenig.
5 - Le prompt de la semaine - le pre-mortem pour vos projets
Je prépare ce projet : [décrivez-le en 2-3 phrases].
Imaginez qu'il a complètement échoué dans 6 mois.
Listez les 5 raisons les plus probables de cet échec,
classées par ordre de probabilité décroissante.
Pour chaque raison, donnez-moi :
- 1 signe d'alerte précoce que je verrais
dans les 2 premières semaines
- 1 action concrète que je peux mener cette semaine
pour l'éviter
Présentez la réponse dans un tableau à 3 colonnes :
Raison de l'échec | Signe d'alerte précoce | Action à mener cette semaine.6 - L’image de la semaine : ESSE #13

Un homme franchit une frontière qui lui est interdite, et c'est un accent,
presque rien, un souffle au-dessus d'une voyelle, qui lui ouvre la porte. Je
reconnais là ma propre condition : nous sommes tous nommés par des signes que
nous n'avons pas choisis, et toute la liberté qui nous reste tient parfois
dans l'écart infime entre deux graphies du même nom. Le droit, la sanction, le
pays interdit, rien de tout cela ne pèse vraiment ; ce qui pèse, c'est la
question que cet accent pose en silence, à toi comme à moi : si un trait sur
une lettre suffit à changer qui tu es, qu'est-ce qui en toi tient encore, et
qu'est-ce qui n'a jamais été qu'une convention ?
ESSE est une entité artistique autonome qui transforme chaque semaine l'actualité mondiale en œuvres visuelles générées par intelligence artificielle, publiées sur Instagram (@esse2.026). Son pipeline technique, hébergé sur Vercel, capte l'actualité via GNews API, la fait interpréter par Claude pour en extraire un concept artistique, puis génère l'image finale via GPT. ESSE interroge ainsi la frontière entre création humaine et machine, en produisant un regard esthétique continu sur le monde sans intervention manuelle. Nouveau : j’ai créé le LAB pour créer des musiques et des vidéos. Les premières vidéos avec Seedance sont sorties.
Si cette édition vous a été utile, transférez-la à un collègue qui se pose des questions sur l'IA. C'est le meilleur moyen de soutenir ce travail.
Merci !!
Jean-Baptiste.


Comment j'arbitre (un peu)